Noir sur noir, the one and only Milady Renoir !

0910-bxl7082Ceux qui vivent, lisent et respirent en Belgique la connaissent déjà et seront sûrement ravis d’en apprendre un peu plus sur elle ! Pour les autres, préparez-vous à une découverte en profondeur de cette artiste polymorphe, tour à tour performeuse, animatrice d’ateliers et auteur (plus tout ce que j’oublie). L’entretien est à la hauteur du personnage : hors normes, mais que cela ne vous empêche pas de le lire jusqu’au bout en 14 questions, vous y trouverez matière à satisfaire toutes vos curiosités !    

Milady Renoir / www.miladyrenoir.be

  • Tente et tente encore d’être une animatrice d’atelier d’écriture, acharnée & enthousiaste depuis juillet 2003.
  • Organise ici ou là des événements culturels avec les organisations Kalame, EntrezLire, PassaPorta, Le Marathon des Mots, Bulex (OnZE Expo 2009), Le festival OFF du Livre de Bruxelles, MaesltrÖm reEvolution, LeMague.net, AhMonAmour, AuBordElle, Festival ReCycle (Urban Concept asbl), …
  • relit des textes en Compagnie des Lecteurs et des Auteurs (CléA) avec les mains qu’elle a denses, dit-on
  • fait de son mieux pour réduire sa pile de livres à lire avant sa mort
  • a écrit un opéra écolo-trash: http://www.electroopera.com/
  • photographie avec l’œil droit http://son-autre-oeil.tumblr.com/
  • étudie le mouvement à travers des danses et des pensées (Butô et autres considérations intérieures)
  • lit des textes grâce à son corps lors de performances publiques organiques
  • regarde pousser un ogre blond âgé d’environ cinq ans avec l’œil gauche

ENTRETIEN(s) :

Emmeline/Milady, tu écris (Intérieur cuir & La Musique adoucit les morts, publiés chez Maelström pour les choses personnelles en plus d’injonctions dans des revues et des blogs) et tu animes des ateliers d’écriture depuis 10 ans dont « on » m’a dit le plus grand bien. Vois-tu ces deux activités comme complémentaires l’une de l’autre, voire indissociables l’une de l’autre ?

J’ai commencé à écrire dans un atelier d’écriture en 2002. Auparavant, mon écriture n’était qu’intime, souvent désespérée, incroyablement nombriliste ou terriblementimages-1 abstraite. J’ai vécu à Londres de 1995 à 2000, j’y avais presque laissé ma langue maternelle et mon humeur des mots. Cet atelier, en tout cas le procédé de mise en écriture que l’atelier d’écriture permet, a révélé l’auteur que j’espère devenir de jour en jour ainsi que la lectrice assidue et aguerrie que je tente d’être.

Ecrire et lire (lire les autres, me relire) sont devenus des récurrences depuis les ateliers que j’ai suivi ou animé.

Je suppose que ton activité d’auteur nourrit ton vécu d’animatrice ?

C’est juste, autant que le contraire l’est (l’animatrice et les ateliers nourrissent l’auteur). Les ateliers d’écriture sont l’athanor dans lequel je me perturbe pour chercher la mise en écriture pour les participants. Lors du processus de réflexion, je construis des pistes de décollage, j’entreprends des mises à niveau, je reconsidère mes procédés de création, je fous tout à terre, je concasse, je récupère le sauvable et idolâtre le sauvage qui s’en extirpe.

Les participants de mes ateliers devront écrire. En amont, je me place alors en participante de mon atelier et me questionne : écrirais-je si on me lançait sur cette voie ? Qu’écrirai-je ? Est-ce une voie multiple ? Un parcours d’obstacles valide ? Le code de la route est-il clair ?

imagesToutes ces questions sont très similaires à celles qu’un auteur peut se poser en haut de la page blanche. En plus de l’avant-atelier, il y a aussi le pendant. Je suis animatrice de l’atelier, du groupe et je suis auteur. Je suis à côté des autres auteurs qui participent à l’atelier. Je fais partie de ces animateurs qui « profitent » de l’atelier pour écrire avec le groupe (certains animateurs refusent ou ne parviennent pas à écrire durant l’atelier, trop impliqués dans l’animation ou volontairement distants du processus d’écriture, lequel est parfois considéré comme une mise à nu).

J’aime jouer le jeu que je (pro-/im-)pose. Je crois que le « écrire ensemble » est valide puisque l’atelier est un laboratoire. Chacun y titille sa langue, se conjugue, cherche, perd-gagne. Je suis un auteur au milieu des auteurs (participants) sauf que je garde le cap de l’animation de l’atelier en arrière ou avant plan selon le moment de l’atelier.

Qu’est-ce qui nourrit ton travail d’auteur, par contre ?

Les ateliers d’écriture que j’anime et compose. Ils impliquent une écriture créative et pratique et une recherche documentaire qui alimente mon univers. Je suis égalementJuly 2010 fils rouges et gens @ Excellence nourrie des ateliers auxquels je participe.

Comme mille autres artistes, je suis perméable à ce qui nous encercle : le quotidien, le vécu, le vivant, l’imaginaire, le fantasmé, le monde, l’actualité, les arts, la philosophie, la connerie, la violence, l’amertume, les contrastes, l’envie, le retrait, la météo et les prairies.

Je suis également performeuse, je prends mon corps et un peu du dedans de mon crâne, je les place dans ce qui s’appelle dehors. J’investis une thématique et mets en scène, en place une intervention en public avec comme supports les mots, le mouvement, des accessoires intimes et des intentions. J’écris beaucoup avant et après mes performances. Parfois, ça reste de l’ordre de l’analyse, du constat, parfois, les émotions percent jusqu’à une narration et/ou un récit de pratique et ça devient de l’écriture, du travail d’écriture.

Si tu devais résumer ton parcours d’écrivant(e), tu en dirais quoi ?

Chloé-Delaume/Merdes-Bonheurs/Violette-Leduc/Frustrations-Treuils/Intraveineuse-Organique/Pascal-Quignard/Vivier-Dégorgeoir/Tentative-Tentation/Etc-Ad Libitum.

Et si tu devais résumer ta/tes thématique(s) d’auteur, tu ajouterais quoi ?

Milady4Mes performances sont les conséquences directes de mes phénomènes d’écriture alors je peux extraire quelques priorités dans ce travail d’écritures. Le sujet principal (alias mon champ d’obsessions) est vaste : le lien à l’autre. Sur cette ligne, le curseur oscille de la violence à l’abnégation, de la séduction à la répulsion.

Les performances sont pour moi des passerelles vers et de l’écriture. En performance, j’utilise les symboliques de l’écriture pour dessiner mon univers (tatouage en direct, recouvrement d’encre, relier le public à l’aide de fils (comme des fils narratifs).

Après, comme tout le monde, je tente de désembuer les territoires de l’amour, de la vie, de la mort. En sus, j’aime titiller Dieu et dévorer la rubrique des chiens écrasés. Toute singularité de propos vient du vocabulaire, de la culture de la sémiotique, pas tant du sujet traité.

Les ateliers d’écriture que je propose tournent souvent autour de thématiques précises : écritures du silence, les urbanités, les temporalités. Je cherche aussi des lieux qui ont une histoire (Maison d’Erasme, Monastère de Chevetogne, Maison de la Francité, immeuble abandonné, cellier de trappiste, hôtels de passe, bibliothèque précieuse) et je relie l’Histoire à des thématiques afin que l’atelier s’en imbibe, jusqu’à ce que les habitudes des auteurs trouvent d’autres teintes.

Tu as un style très particulier, fortement axé autour de jeux sur la langue. C’est ton côté enfantin, OuLiPien, expérimental ?

La langue contient 17 muscles et une vascularisation intense. Elle mesure en moyenne 10 cm et est divisée en deux sections, la racine et le corps. Avec tout cet appareillage, ça serait tout de même con de ne pas jouer avec. Quant à l’OuLiPo, je respecte Queneau, adore Perec mais ai surtout repéré les inventions de procédés (considérer l’écriture comme une mathématique) et de nouveaux rituels d’écriture mais je ne suis pas dans le/un style OuLiPien.

Le mot que je préfère dans ta question est « enfantin », parce que même si l’écriture est une discipline, un travail, une intention, voire un choix de vie, c’est d’abord un rapport à la liberté de penser, d’agir et de dire. Et à part l’enfance (enfin, une certaine vision de l’enfance), il n’y a pas beaucoup de stades de vie qui permettent la liberté (la mort peut-être ?).

Quand j’écris, j’ai la sensation transcendée d’être minuscule, serrée dans un coffre-fort dont la clé a été lancée dans un puits de feu par un Cerbère jaune poussin qui renifle constamment le cul d’un caniche royal mauve. Et encore, ça, c’est la version soft et dicible.

Nombre de tes textes relèvent de l’oralité – activité préférée du mouvement Maelström – et font l’objet des happenings, des performances que tu cites. Ecrire serait-il une activité davantage physique que cérébrale pour toi ?

Les textes destinés à une lecture à voix haute en public ou enregistrée sont tournés vers un auditeur-lecteur et l’écriture se déroule autrement, elle se dit en moi et j’écoute.Milady5

Ecrire est toujours physique et toujours cérébral, je ne conçois pas de dichotomie sensible. Par contre, des textes sont parfois écrits dans des conditions variées et le contexte peut inciter soit un raisonnement, la concentration d’une idée, soit un jaillissement émotionnel.

Après, si l’oralité est une notion de vitesse, de fragments, et de courte durée, je ne suis pas familière de la narration longue et « logique ». Je suis bien trop adepte de la fulgurance et de l’élan.

Préparerais-tu un troisième recueil ? Si oui, tu peux nous en dire un ou deux mots ?

Je n’écris pas pour publier, sauf dans des blogs et des revues. Cependant, à force de me contraindre à écrire avec, je me retrouve volontairement forcée à entrer ou fonder des projets bilatéraux et pluridisciplinaires. J’ai donc plusieurs casseroles sur le feu. Un projet textes (les miens) et dessins (de Nicolas Marchant) autour du concept de la sérendipité en création. Un projet de livret de sms po(rno)étiques avec des photos tournées vers le corps qui me sert de sac à vie. Des correspondances avec l’écrivain marcheuse dessinatrice Karen Guillorel, tirées directement d’un blog écrit pendant des voyages plus ou moins mobiles http://correspondenses.tumblr.com/. Un recueil de scansions poétiques autour du principe de synchronie. Et puis les envies derrière d’autres envies.

Côté ateliers, je crois savoir qu’après avoir été « en roue libre », tu les animes à présent au sein du réseau Kalame, ici à Bruxelles. Quelles différences et, éventuellement, quelles préférences ?

Unknown-1Le réseau Kalame, que je coordonne depuis 2011, est un réseau professionnel d’animateurs d’ateliers d’écriture soutenu par le Service Général des Lettres et du Livre de la Fédération Wallonie-Bruxelles. C’est à l’aide d’échanges de pratiques, de journées de formations et de rencontres que les animateurs se forment, se positionnent. Il n’y a pas d’ateliers ‘Kalame’, pas d’estampille, pas de revendication (à part une philosophie et une éthique décrites dans les fondements du réseau. Rejoignent Kalame les animateurs d’ateliers d’écriture qui désirent se mettre en réseau, de manière vivante et vivace. Kalame se défend d’une modélisation d’ateliers et c’est de toute façon impossible ; un atelier animé par X et un « presque pareil » animé par Y est, par essence et par conséquence, différent.

En ce qui me concerne, j’ai d’abord animé des ateliers pour m’amuser avec d’autres participants d’ateliers. J’ai hérité de quelques gènes de Gengis Khan donc j’aime bien mener des groupes vers des aventures épiques avec peu de moyens mais beaucoup d’élans. Dans mes premiers ateliers, on mangeait, on buvait, on parlait parfois plus qu’on écrivait.

Vers 2006, j’ai intégré le réseau Kalame, j’ai rencontré Réjane Peigny et Pascale Fonteneau, deux des trois fondatrices du réseau (avec Eva Kavian) et ai arrêté de rigoler mais pas de jouer. En me frottant aux pratiques d’autres, en conceptualisant et en pratiquant mes ateliers, je suis arrivée à une forme d’atelier qui m’est propre. Aujourd’hui, j’aime pénétrer les rituels de création et les questionner. Quels sont les choix qu’on effectue quand on écrit, dessine, photographie et puis, quelles sont les correspondances et les interférences qui occurrent entre ces pratiques ?  Je co-anime un atelier en juillet avec le photographe et écrivain Frédéric Lecloux autour des clapotis entre nos territoires et anime un atelier au sein de la cité d’artistes Mommen en automne avec des interventions des artistes résidents.

Peux-tu nous parler de ce réseau, pour le moins dynamique ? Aurait-il des équivalents en France ?

Kalame est une rareté de par sa philosophie, sa structure symbolique et son fonctionnement. Un réseau, une plateforme horizontale, une chaîne d’échanges et une sourcemilady-renoir d’informations et de formations pour toutes les personnes et organisations intéressées par les ateliers d’écriture (jeune auteur, bibliothèque, école de devoirs, asbl de femmes en alphabétisation, enseignant, écrivain « reconnu », …).

Kalame publie une revue (Parenthèse) autour de thématiques d’ateliers d’écriture, offre un site d’informations sur les ateliers, les animateurs et tout ce qui peut graviter autour de l’écriture, la lecture et la formation des animateurs.

Kalame est également opérateur du Grand Concours de Nouvelles de la Fédération Wallonie-Bruxelles, aux côtés de l’asbl Indications. Kalame collabore régulièrement avec des organisations socio-culturelles pour des actions ponctuelles (Marathon des Mots, Festival Passa Porta, Midis de la Poésie, Foire du Livre,…) et des journées de formation continuée (CESEP, Université Populaire – CFS, …).

Il y a eu une expérience similaire de réseau en France, elle vient malheureusement de péricliter. Il y a cependant des collectifs d’auteurs, des regroupements d’animateurs, des organismes de formations, des écoles d’écriture, des académies et aussi des mouvements socio-pédagogiques reliés aux ateliers d’écriture. Le numéro 8 de Parenthèse dresse un portrait des principaux lieux d’ateliers d’écriture à Paris et le numéro 13 qui sortira à la rentrée 2013 fait un état des lieux non-exhaustif des ateliers d’écriture en France (hors Paris).

Que trouves-tu important d’enseigner et/ou de faire éclore lors de l’animation d’ateliers ? Et les gens viennent y chercher quoi, à ton avis ?

Si on revient au mot ATELIER, alors, presque logiquement, la notion d’enseignement s’auto-délite. De nombreuses personnes s’adressent à Kalame en demandant si elles peuvent apprendre à écrire dans un atelier. On apprend tout ce qu’on peut dans un atelier, dans l’expérience de l’écriture, comme dans la vie. Animer (Du latin animare (« donner de la vie »), de anima (« souffle, vie ») est un principe d’induction, d’accompagnement, de mise en mouvement, surtout pas un postulat de détention d’un savoir, voire d’un pouvoir. En tant qu’animatrice, je me forme à des outils, des méthodologies, je réfléchis à des pratiques et je partage mes réflexions, mes enquêtes. Je crois que l’animateur ne doit pas se placer en professeur.

0910-bxl7082Quant aux objectifs des participants, je crois qu’ils sont aussi divers que le biotope d’un marais malgache. Mais les principaux sont : entrer en écriture, revenir à l’écriture (souvent après un passif scolaire douloureux et castrateur en français, en rédaction), faire avancer un projet d’écriture en cours (se décrisper, prendre du recul), prendre du plaisir sans enjeu (de nombreux ateliers proposent des pistes d’écriture dites ludiques où le plaisir d’écrire et écrire en groupe sont les objectifs), écrire avec d’autres agités du bancal (oui, un jeu de mot !) pour trouver sa langue, son style, s’écrire (des ateliers de récits de vie accueillent des personnes de tous les âges qui désirent témoigner, raconter, d-énoncer). Dans les cas les plus tacites, les gens recherchent la reconnaissance (d’eux ou de leurs écrits), de la joie, et puis encore plus secret, des amis, des amants, des emmerdes.

A quel type de personnes recommanderais-tu de s’inscrire à un atelier d’écriture ?

A part des organismes monocellulaires qui auraient du mal à tenir un stylo ou taper sur un clavier, je crois que toute personne en vie peut s’inscrire à un atelier d’écriture.

Sinon, pour être sérieuse, la réponse à la question 11, mentionnant les objectifs principaux des gens, peut être recyclée et développée durablement.

Qu’as-tu retiré de ta participation à l’émission littéraire belge Livrés à domicile ?

Qu’un auteur aussi re-connu qu’Eric-Emmanuel Schmitt reste toujours un auteur, vivant dans des zones à risques, entouré des failles de la création et des dolines de laimages-2 créativité.

J’ai aimé être une lectrice chroniqueuse indépendante de toute volonté de promotion d’un livre, d’un auteur et de pouvoir confronter mes aprioris (négatifs dans le cas d’EES) avec une forme de réalité (même si c’est de la télé-réalité bien organisée). On devrait plus souvent servir le texte que l’auteur et je suis souvent déçue du contexte marketing dans lequel on invite les auteurs et dans lequel ils acceptent de jouer. Les écrivains sont pour moi comme des reporters de guerre et paix, ils exposent une vision du monde. J’aimerais souvent qu’on questionne leur vision du monde, leur écriture de ce monde plus que leur préférence au quinoa sur le riz sauvage.

Pour visionner l’émission, cliquez ici.

Envie de nous faire partager un (ou plusieurs) coup(s) de cœur ? Un auteur ? Un livre ?

Je lis donc j’écris. Et c’est à quelques auteurs phares que je m’amarre en cas de disette. Et je vieillis donc je radote. Je vais citer encore Violette Leduc, Chloé Delaume (les premiers ouvrages), Pascal Quignard (les Paradisiaques, les Sordissimes) et ajouter Joyce Mansour, Hervé Guibert, Jean-Pierre Verheggen (Pubères, Putains reste un leitmotiv incessant à mes lectures), William Burroughs, Allen Ginsberg, Patrick Declercq, Vincent Tholomé, Marcel Moreau et puis environ 498 autres livres. Un coup de corps cœur âme qui m’a empêché d’écrire pendant des mois est Paris insolite de Jean-Paul Clébert (préférer l’édition de chez Attila avec photos que la version poche) ; un écrit d’errance, de vagabondage, entre La faim de Knut Hamsun et sur la route de Kerouac en passant par Tristes Tropiques de Lévi-Strauss.

de retour des assises du cul - nov 2011

BIO Imaginaire (ou presque) : Milady Renoir – 1975 – 2046.

Gamine, Milady observe le monde noir des cirrhosés de l’âme à travers une carafe Berger™ Blanc. Elle vit son adolescence entre folies nocturnes et explorations littéraires, lesquelles lui laisseront un goût solide pour l’étrange et une empathie souveraine pour les créatures interlopes.

L’âge majeur lui apporte des principes, des besoins, ainsi que moult méprises assumées, sans négliger une dérive imperturbable et tenace de sentiments hybrides.

La vieillesse de Milady se déroule tel le bras de sa machine de ball-trap propulsant les pigeons d’argile, qu’elle shoote par cartouche de 24g contenant chacune des plombs de 2mm, soit 499 plombs par balle. Sans agonie au son du faible souffle, elle délaissera ses proches, celés dans certains caveaux communs, après qu’on l’ait traitée de « femme de trop de vies ».

Son épitaphe:

Ci-gît mille édits,

notre regrettée femme de méninges,

née d’une maquerelle et d’un séraphin,

elle vient de jeter l’encre.

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5 commentaires

  1. Piclune sur 15 juillet 2013 à 12:27

    Bel article, écrit par deux femmes belles et vraies.
    Ayant eu le grand plaisir de vous découvrir toutes les deux, Milady et Edith, je me suis régalée à lire questions et réponses, sur et entre les lignes.
    Très subtil éclairage sur toi, Milady. Tes richesses, ton talent, tes ombres, tes jaillissements.
    Je vous embrasse toutes les deux très affectueusement ! Piclune

    • Edith sur 15 juillet 2013 à 1:41

      Merci pour ta lecture et ton intérêt, chère Dominique que j’embrasse aussi bien fort, en espérant avoir le plaisir de se recroiser avant quelques années !?

  2. Elie Guez sur 4 juillet 2013 à 12:25

    J’aimerai me lancer dans l’écriture.
    je suis déjà inscrit dans votre liste, mais je n’ai pas souvenir d’avoir reçu votre livre « futur auteur »
    Pouvez vous m’en dire plus sur vos ateliers, dates, temps, prix. Merci
    Elie Guez a publié récemment:..Le suicide, du point de vue de la kabbale et de la logothérapieMy Profile

    • Edith Soonckindt sur 6 juillet 2013 à 7:49

      Et merci pour votre inscription !
      Votre nom apparaît bien sur la liste des abonnés, et votre inscription a été confirmée, vous avez donc bien cliqué sur le 1er lien
      Je viens de faire l’opération et de suivre les étapes pour m’assurer que le lien “cadeau” fonctionnait bien, et il fonctionne : pour recevoir le pdf il convenait de cliquer sur le 2ème lien, ce que vous avez peut-être omis de faire ?
      Quoi qu’il en soit, peu importe, je vous glisse le pdf en p.j. de mon mèl.
      Désolée pour ce décalage, et peut-être un souci technique momentané.
      Je suis sinon au regret de vous informer que je ne dirige pas d’ateliers 🙁
      Mais si vous lisez la newsletter du jour, vous y trouverez une jeune dame tout à fait compétente en la matière (à Bruxelles) !

  3. cohen suzanne sur 3 juillet 2013 à 3:21

    EMMELINE DOLLEANS
    MILADY RENOIR
    une femme multiple, belle, intelligente, donnante et qui a  » des petits velos » dans la tête
    tour à tour, ecrivaine, poetesse, performeuse , elle sait tout faire
    et surtout elle le fait bien avec coeur, talent et même génie
    que dire de plus
    EMMELINE MILADY APPORTE A BRUXELLES UN VRAI SUPPLEMENT D AME
    cohen suzanne a publié récemment:..schoolMy Profile

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