Un petit essai de traduction XVIIe, ça vous dirait ? A vos claviers, alors !

Traduire, toujours traduire, encore traduire…

Tout d’abord, mes excuses à vous tous pour avoir tant tardé à publier une nouvelle « newsletter ».

Mais c’est que la vie de traductrice littéraire n’est pas de tout repos et que j’ai été débordée par de multiples corrections émanant de ma relectrice-correctrice qu’il m’a fallu encoder, tout en continuant de traduire, ce à un rythme accéléré puisque je veux tout avoir terminé pour le 20 décembre (fin du monde oblige) !

Si par extraordinaire les Mayas avaient tort et que mes congés de Noël se réalisent, j’en profiterai pour relire Musique & Silence, une très belle traduction d’un autre texte de Rose Tremain.

Et si janvier 2013 voit le jour, j’en profiterai pour peaufiner ma propre traduction pour qu’elle soit presque aussi bien que le texte en question !

Ah oui, bonne nouvelle, j’allais oublier : l’éditrice s’est dit contente de la partie I  que je lui avais soumise pour commentaires, ouf !

Seul bémol : parfois des expressions trop modernes (eh oui), et trop d’adverbes en « ment » (ma foi).

Comme quoi, 9 relectures ne suffisent pas (encore) !

Que diriez-vous d’un faux échantillon ?

En attendant, que diriez-vous de mettre la main à la pâte, ou en tout cas de vous essayer à un petit exercice de style ? Je l’ai pris au hasard, c’est la fin de la partie II du texte Merivel, a man of his time, au moment où Margaret, la fille de Merivel, part à la cour du Roi Charles II d’Angleterre.

Vous pouvez soit le lire et vous imprégner de ce style pseudo XVIIe, en imaginant le plaisir, ou les souffrances, d’une traduction effectuée par vos soins, soit tenter vous-même une traduction de quelques lignes, ou de tout l’extrait ! Soit dit en passant, c’est l’exercice auquel doit se plier tout traducteur débutant tentant sa chance dans une nouvelle maison : le fameux échantillon ! Généralement long d’un chapitre !

Vos propositions sont les bienvenues en commentaires, ou via mél si vous souhaitez plus de discrétion. Je ne garantis pas une lecture détaillée, mais je vous donnerai mes impressions.

Alors, au travail !?

Et rendez-vous ici même sous quinzaine, voire la semaine prochaine, peut-être, si j’ai à coeur de me faire pardonner mon silence prolongé, pour la « solution », enfin, plutôt pour une proposition…

Un court extrait de Merivel, a man of his time, de RoseTremain (publié chez Chatto et Windus, Londres) :

‘Why . . .’ said Sir James, accidentally letting fall a cascade of his ha’pennies, ‘that is wonderful, Sir. Wonderful for Margaret . . . and for Sir Robert . . .’

‘The Duchess of Portsmouth has written to me,’ the King continued, ‘asking that a new young Lady-in-Waiting be found for her, so this seems to fit very nicely. I shall go to Whitehall tomorrow and set all in hand, as to lodgings and Allowances and so forth, and then, if her Father is willing, Margaret will come to London at the beginning of June. May I assume your consent, Merivel?’

Everybody looked over towards me. Only little Penelope, I think, understood what I was feeling, for she came to me and solemnly took my hand in hers.

Still holding Penelope’s hand, I stood up and bowed to the King. ‘I am honoured. This is . . . a great Honour,’ I said. But my voice came out very thinly, as though I might have been choking on a Parsnip. ‘But you will not be offended, I trust, if I feel obliged to ask Margaret to say – before Your Majesty and before all the Company here assembled – whether it is an honour she truly wishes to accept.’

The room fell silent. The hour was late and what candles were still alight dripped, with a steady ooze, into their sconces.

‘I do,’ said Margaret.

I stand in thin moonlight by Clarendon’s compound and look for him in the near darkness. I can hear him breathing, but I cannot see him.

Then I feel a Shadow at my side and I know that it is Pearce.

‘Well,’ he says in his ghostly voice, ‘what are you going to do, Merivel?’

‘There is nothing I can do,’ I reply.

I hear Pearce sigh – or perhaps it is the sighing of Clarendon, or the sighing of the Ash trees in the Bear’s Stockade . . .

‘This bitter night had to come,’ whispers Pearce. ‘The King will betray you now.’

Allez, ne soyez pas timides, lancez-vous ! 😉

 

 

 

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4 commentaires

  1. Jean-Paul Deshayes sur 12 août 2013 à 8:41

    Un simple essai… for what it’s worth:

    Diantre, s’exclama Sir James, laissant choir par mégarde plusieurs pièces de menue monnaie.
    – C’est fort réjouissant, Sire. Fort réjouissant pour Margaret… et pour Sir Robert.

    – J’ai reçu une lettre de la Duchesse de Portsmouth : elle demande qu’on lui trouve une nouvelle demoiselle d’honneur, poursuivit le roi. Voilà qui est donc tout à fait opportun. Je me rendrai demain à Whitehall et veillerai à ce que l’on s’occupe du logis, des appointements et de tout le reste. Si son père y consent alors, Margaret viendra à Londres dès juin. Votre accord m’est acquis, Merivel, n’est-ce pas ?

    Tous les regards se tournèrent vers moi. Je crois que seule la petite Pénélope comprit ce que je ressentais car, s’approchant de moi, elle me prit la main d’un geste solennel.

    Sans lâcher la sienne, je me levai et m’inclinai devant le roi.
    – Je suis honoré. C’est … un grand honneur, répondis-je, mais d’une voix ténue comme si je m’étouffais avec un panais. J’espère que vous ne me tiendrez pas rigueur, mais j’estime devoir prier Margaret de déclarer – devant votre Majesté et tous ceux ici présents – si elle souhaite vraiment accepter un tel honneur.
    Il se fit un silence dans la salle. Il était tard et les quelques chandelles qui se consumaient encore coulaient lentement dans leurs bougeoirs.

    – Oui, je le souhaite, répondit Margaret.
    Je me tiens dans la pâle clarté de la lune près de l’enceinte de Clarendon. Je le cherche dans cette semi-obscurité. J’entends sa respiration, mais je ne le vois pas.
    Soudain, je sens une ombre tout près de moi. C’est Pearce, j’en suis sûr.
    – Eh bien, me demande-t-il de sa voix d’outre-tombe, que vas-tu faire Merivel ?
    – Je ne peux rien faire.
    Je l’entends soupirer… ou est-ce Clarendon ou peut-être encore les soupirs des frênes dans l’enceinte de l’ours ( ??)
    – Cette nuit amère ne pouvait manquer d’arriver, murmure Pearce. Attends-toi désormais à ce que le roi te trahisse.

    • Edith Soonckindt sur 13 août 2013 à 8:28

      Bravo, magnifique !!!

  2. fanny sur 12 mars 2013 à 9:27

    Bonsoir

    je lisais votre article et me suis demandée où était la traduction. Il est certain que c’est un exercice qui n’est pas de tout repos. Moi même étant très perfectionniste en anglais et en français, je ne cesse de retravailler les mots et les phrases.

    Alors, cette proposition ?

    Fanny

    • Edith sur 13 mars 2013 à 8:54

      Bonjour, Fanny !

      Merci pour votre petit mot.
      La traduction est sur le point d’être signée ! 🙂
      C’est un pavé de 700p, genre futur best-seller sur lequel je n’ai pas le droit de dire grand chose, et qui me prend entre 7 et 8 h chaque jour, samedi compris !
      Et c’est un travail de perfectionniste, oui aussi, hélas il est difficile de l’être sur autant de pages…

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