Un essai de traduction pseudo XVIIe : la solution !

Unknown-2Traduction : le résultat

 

Bon.

On ne peut pas dire que ma dernière newsletter ait déchaîné envies ou passions, puisque aucun courageux/aucune courageuse n’a levé le doigt pour se soumettre au petit jeu de l’échantillon…

Auriez-vous reculé devant l’ampleur de la tâche ?

Il y a de quoi en effet !

Certains jours moi aussi j’aurais voulu reculer, mais hélas…

Déprimant constat, j’ai relu ce matin les commentaires & corrections de mon éditrice sur les 30 premières pages et, ma foi, il y en avait (même si elle était satisfaite de l’ensemble) !

Alors que le texte a été relu 8 fois – il en manque encore trois, globales, qui auront lieu en janvier, la meilleure partie de ce dur et ingrat labeur, d’ailleurs – plus une fois par ma relectrice-correctrice (universitaire chevronnée).

Autant dire que c’est un puits sans fond.

Et que j’ai encore un tir à rectifier… 🙁

 

Traduction : la technique :

 

Mais pour l’instant je me réjouis d’avoir terminé ce jour, après 6 mois de dur labeur (juste entrelardés de quelques semaines d’écriture personnelle) la traduction stricto sensu, c’est à dire 341 pages traduites à raison de 4 pages par jour et des centaines de mots (désuets) cherchés dans le dictionnaire !

Travail quotidien : une heure par page + relecture avec l’anglais (non comptabilisée) + recherches des mots inconnus ou incertains + 6 relectures = 6 h minimum par jour,  parfois 8 h, qu’il neige ou qu’il vente, que je sois inspirée, ou pas, que je sois malade, ou pas – 3 semaines d’état grippal, et pas de congé maladie bien sûr -, le tout pour une somme horaire nette inférieure à  10 euros (celui d’une femme de ménage, que les Belges nomment poétiquement dame d’ouvrage…) et un résultat très probablement imparfait. Cherchez l’erreur

Quoi qu’il en soit, je vous confie ci-après le premier jet (seulement 6 relectures, au final il y en aura 11 !!) de l’échantillon proposé la semaine dernière.

 

Traduction : la solution (extrait de Merivel, a man of his time – Rose Tremain – à paraître chez Lattès en 2013):

 

« Ah, fit Sir James en riant tandis qu’il ramassait son argent, voici qui est excellent ! Maintenant je peux nous emmener tous en Cornouaille une nouvelle fois, et cette fois-ci  tu viendras avec nous, Margaret.

– Et tu verras des macareux, dit Penelope.

– Et tu ramasseras de minuscules coquillages cauri ! s’écria Mary.

– Mais tu ne mangeras pas de crevettes ! » ajouta Arabella. 

Margaret  rougit et sourit mais, à mon étonnement, ne répondit rien. A ce moment-là, le Roi se leva et se dirigea vers l’endroit où elle était assise, la prit par la main pour qu’elle se lève puis me salua et lança : « Je ne vous l’ai pas dit avant, Merivel, de crainte que vous ne tentiez de m’en dissuader, mais j’ai suggéré à Margaret de lui trouver une place à la cour et elle a consenti, à condition que vous lui donniez votre bénédiction. » 

Totalement figé sur ma chaise, j’avais froid tout à coup, tandis que toute la famille Prideaux restait bouche bée d’étonnement à cette annonce.

« Euh… dit Sir James en laissant tomber accidentellement une cascade de sa petite monnaie, c’est merveilleux, Sir. Merveilleux pour Margaret… et pour Sir Robert…

– La duchesse de Portsmouth m’a écrit en me demandant de lui trouver une nouvelle jeune dame d’honneur, donc cet arrangement me semble convenir parfaitement, poursuivit le Roi. J’irai à Whitehall demain et demanderai que l’on s’y occupe du logement, des appointements etc., et puis si son père y consent, Margaret viendra à Londres début juin. Puis-je en déduire que vous y consentez, Merivel ? »

Tout le monde se tourna vers moi. Je crois que seule la petite Penelope comprit ce que je ressentais, parce qu’elle s’approcha de moi et prit solennellement ma main dans la sienne.

Tenant toujours sa main, je me levai et saluai le Roi. « Je suis honoré. C’est un… grand honneur. » Mais je n’avais plus qu’un filet de voix, comme si je m’étais étranglé avec un panais. «Vous ne serez pas offensé, j’espère, si je me sens tenu de demander à Margaret de répondre – devant Votre Majesté et toute la compagnie ici présente – si c’est un honneur qu’elle souhaite véritablement accepter. » 

La pièce devint silencieuse. Il se faisait tard et les quelques chandelles encore allumées dégoulinaient avec une belle régularité dans leurs bougeoirs.

« Je le veux, » répondit Margaret.

La lune est pâle et je suis assis à côté de l’enclos de Clarendon que je cherche dans la quasi pénombre. Je l’entends respirer, mais je ne parviens pas à le voir. 

Puis je sens une ombre à mes côtés et je sais qu’il s’agit de Pearce.  « Eh bien, que vas-tu faire, Merivel ? me demande-t-il de sa voix spectrale.

– Je suis impuissant. »

J’entends Pearce soupirer, ou peut-être sont-ce les soupirs de Clarendon, ou ceux des frênes dans son enclos…

« Cette nuit amère devait bien finir par arriver, soupire Pearce. Le Roi te trahira à présent. »

Traduction : la conclusion :

Voilà, c’est encore imparfait, mais cela vous donne une idée.

Et ce sera votre dernière newsletter de l’année 2012 puisque dès le 21/12 (jour de mon anniversaire ET de la fin du monde…), je m’enfermerai pendant 7-10 jours loin de l’ordinateur, avec livres et dvd ! 🙂

Mais cela ne m’empêche pas de vous souhaiter d’ores et déjà une excellente fin d’année, et au plaisir de vous retrouver en 2013 ! 🙂

D’ici là, n’hésitez pas à surfer sur ce site pour toutes sortes d’infos (traductions, livres préférés, travaux de l’auteur, villes aimées, passions) et tant d’autres pages forcément irrésistibles…

 

 

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