Les salons du livre : faut-il y aller ?

Unknown-1Vous avez dit salons du livre ?

Forte de ma dernière expérience positive à la Foire du livre de Bruxelles, je me propose de vous la détailler pour mémoire un peu plus loin, non sans oublier de vous rappeler que c’est un siège en règle de l’éditeur (feu Hors Commerce) de mon roman (Le Bûcher des anges), qui a permis, lors de la Foire du livre de Bruxelles cuvée 2001 et après de multiple péripéties, l’édition de ce dernier. Tout comme c’est ma venue à la journée professionnelle du Salon du livre de Paris il y a plusieurs années de cela qui m’a permis d’être présentée à Joelle Losefeld et de décrocher par la suite une traduction de ma bien-aimée Anne Enright, auteur irlandaise de grande qualité et Man Booker Prize depuis.

En guise de préambule

Je l’avoue néanmoins, je dois toujours me forcer pour y aller ; je n’y vais d’ailleurs pas régulièrement – sauf quand promo à assurer – et le cocktail d’inauguration du Salon du livre de Paris,Unknown-3 mondain en diable, est pour moi un supplice tellement il est artificiel. Mais j’ai sûrement tort de ne pas faire plus d’efforts, surtout quand l’on sait l’importance du rapport humain dans ces métiers devenus de plus en plus virtuels depuis l’apparition du Net…

Que vous soyez apprenti auteur ou traducteur – c’est pourquoi cette newsletter s’adresse aux deux catégories -, il peut être utile de s’y rendre, surtout lors de la journée professionnelle où certains éditeurs sont là. Attention, pas de journée professionnelle à la Foire du livre de Bruxelles, je le crains, et représentation assurée par les attachées de presse et non les éditeurs (pour les grandes maisons) lors de cette même « foire ». Pour être autorisé à se rendre à ladite journée, publication préalable + badge obligatoires je le crains aussi, et/ou invitation nécessaire d’une société quelconque (ATLF, SGDL, Maison des écrivains etc.). Idem pour les cocktails d’inauguration où il est nécessaire de montrer patte blanche – invitation d’une maison d’édition, généralement ; mais si vous avez du culot, vous pouvez toujours tenter votre chance à l’entrée… Les invitations sont souvent pour deux personnes, parfois l’on y va seul(e) et l’on peut faire entrer quelqu’un, je l’ai déjà fait.

Je disais donc.

imagesC’est rarement une mauvaise idée d’y aller. En dépit du vertige que peut occasionner une telle myriade de livres dans un même endroit – le Salon de Paris est immense, et fatiguant : pour voir de plus près la production d’un éditeur qui vous intéresse, peut-être mal distribué dans votre ville s’il est petit ; pour discuter  avec lui – s’il est petit il sera généralement présent en personne quel que soit le jour ou le salon ; pour s’enquérir auprès de l’une ou l’autre attachée de presse de la ligne éditoriale de telle ou telle maison qui vous intéresse ; pour « sentir » un éditeur si vous souhaitez lui laisser un manuscrit ou lui proposer vos services de traduction. Attention, c’est rarement une bonne idée de laisser un manuscrit dans un salon du livre, il a de fortes chances d’être perdu ; idem pour un C.V. Tant que j’y suis, j’en profite pour vous rappeler qu’il n’est pas plus judicieux d’envoyer manuscrits et/ou C.V. via le Net sauf accord préalable, encore moins par fax, ça ne sera jamais lu, spams obligent !

Dernier point : si vous êtes auteur jeunesse, ne comptez pas trop sur le Salon de Montreuil (ou d’ailleurs) pour montrer vos textes, cela ne fonctionne hélas pas comme cela ; injustice flagrante par rapport aux illustrateurs qui, eux, peuvent y ouvrir leur « book » en cinq minutes et ça fonctionne, je l’ai vu de mes propres yeux.

Néanmoins, que ce soit pour de la prospection et/ou un éventuel contact humain, toujours précieux dans ce milieu, les salons sont utiles, même les plus petits comme les salons du livre régionaux. Rappelez-vous toujours que, sauf exception, en tant qu’auteur/traducteur débutant vous aurez toujours plus de chances d’être « élu » en abordant un petit éditeur à taille humaine qu’en attaquant (le plus souvent en vain) une grosse machine

Dans une de mes premières newsletters je vous avais parlé de l’utilité du catalogue du Salon du livre de Paris (par exemple) ; il est clair qu’y aller en Unknown-5personne est encore mieux, ce qui n’exclut pas d’acheter le catalogue aussi, sur place ou par correspondance. Et bien sûr les salons de Montréal, Genève ou d’ailleurs sont tout aussi fatigants, mais tout aussi utiles.

Attention, à la Foire de Francfort (à l’automne) pour les traducteurs : je n’y ai jamais été, et pour cause, c’est surtout une foire entre éditeurs (français et étrangers), où se négocient essentiellement – parfois à prix d’or lors d’enchères – les achats de droits de traduction lors de rendez-vous individuels pris à l’avance. A mon avis vous perdriez votre temps en y allant prospecter en tant que traducteur, mais je peux me tromper et, de toute façon, il y aura toujours des informations à y glaner.

A la Foire du livre de Bruxelles cette année…

Unknown-2Mais rien de tel qu’un exemple concret pour vous faire comprendre l’intérêt d’une telle visite.

Je me suis donc rendue, avec des pieds de plomb au départ, au cocktail d’inauguration de la Foire du livre de Bruxelles, cuvée 2014.

Et voici en vrac ce que j’y ai glané :

Un agréable moment autour d’un petit verre de rouge avec Maud de chez Bela/La Maison des auteurs (SCAM/SACD Belgique, société d’auteurs à laquelle je suis affiliée) et la rencontre de deux membres du personnel bien sympathiques (Benjamin & Marie-Laure) avec qui je n’avais eu jusqu’à présent que des contacts  téléphoniques ou sur FB. C’est tout de même plus agréable de pouvoir mettre un visage sur une voix, or nous sommes amenés à nous parler plusieurs fois dans l’année, entre autre lors de la déclaration, homérique, des droits de reprographie.

Une petite papote en chemin avec une amie comédienne et l’autre écrivaine, ça crée toujours du lien.

Une recherche par trois fois désespérée – les gens bougent, lors du cocktail ! – de mon dernier éditeur en date, David Giannoni, directeur des dynamiques éditions belges Maelström, celui de La Femme sans nom ; je ne l’avais pas vu depuis longtemps – traductions forcenées obligent une année durant – et c’est toujours une mauvaise idée de ne pas entretenir un contact régulier (heureusement il y a FB). David m’a immédiatement sollicitée pour un « coaching » informel de deux stagiaires de la boutique Maelström qui se destinent à la traduction, et je trouve cela une bien sympathique perspective !

Petit passage ensuite à L’Esperluète, éditeur belge de jolis petits livres illustrés, pour y récupérer (après accord préalable…) un manuscrit texte/photos hélas refusé, y rencontrer l’éditrice et sa charmante assistante, Charlotte – cela peut servir pour un meilleur contact une prochaine fois… -, et m’offrir le panache d’y acheter un livre !

J’ai poursuivi ma petite virée jusqu’au stand du Québec où, généralement, j’achète toujours un livre en affectueux souvenir d’un vieux voyage au Canada. Lisez, je vous les recommande chaleureusement, les recueils de nouvelles de Sylvie Massicotte, rencontrée il y a 10 ans à cette même Foire du livre, et qui est devenue une amie depuis. Mais déçue par mon achat de l’an dernier (ce n’était pas du Sylvie Massicotte…), j’ai plutôt bifurqué vers le stand suisse en quête d’informations sur les éditions des Syrtes. Cela m’a permis d’apprendre que leur spécialité n’était pas la Shoah – ils étaient sur ma liste pour y envoyer mon manuscrit sur ce sujet – mais le monde slave… Et hop, une fausse piste éliminée grâce à la charmante attachée de presse.

A ma demande, cette dernière m’a par ailleurs recommandé un jeune auteur suisse – je n’en connais pratiquement aucun -, ce qui m’a permis de découvrir un imagespetit bijou, La Lune assassinée de Damien Murith, que je vous recommande aussi chaleureusement (voir mon post sur FB à ce sujet). Du coup, je sais maintenant que L’Age d’homme, à qui je n’ai jamais rien envoyé, publie des textes contemporains, novateurs et intéressants – chapitres de quelques lignes, entre autres exemples -, info utile pour des envois ultérieurs… Et comme je venais de le récupérer avec mon manuscrit, j’ai spontanément offert à la charmante attachée un exemplaire de La Femme sans nom ! (sait-on jamais quel chemin elle parcourra…).

Après, après, ah oui, des bulles, enfin, au stand de Waterstones, la librairie anglaise (passage éclair), que je recommande aux Bruxellois !

Et puis… découverte inopinée d’un stand qui vendait des livres (bien intéressants) sur la traduction, ce qui m’a permis d’avoir confirmation de l’existence de l’ATLB, soeur belge de l’ATLF (Association des traducteurs littéraires de France), qui m’avait contactée sans suites (de leur part) il y a quelques années. Contact renoué, donc, avec l’une de ses organisatrices, deuxième échange de cartes de visite, inscription ultérieure sur leur blog et projets de collaborations. Sympathique perspective, franchement, vu que j’assiste assez peu aux manifestations – pourtant très intéressantes, et nombreuses – de l’ATLF basée à Paris, par manque de temps autant que d’argent et j’ai sûrement tort, là aussi, de ne pas faire plus d’efforts.

1902853_772290426137128_1971083003_nMais l’heure tournait et je n’avais toujours pas vu ma chère Nadine (Monfils, auteur de polars déjantés chez Belfond, dont le dernier ci-contre). Rendez-vous fut pris par téléphone au stand Interforum dans dix minutes… Ce qui m’a permis d’y vérifier que mon Chardonneret y était en bonne place (…),  de jeter un oeil par hasard sur le stand de Bragelonne juste à côté et de  vérifier de visu – superbes livres sur les tables – que mon opus dans cette catégorie (la fantasy) n’était pas très conforme  (souvenez-vous de l’importance de la prospection…). Du coup, cela m’évitera peut-être un envoi inutile. Oui, sur Internet je l’aurais peut-être vu aussi, mais là on pouvait feuilleter…

Ne trouvant pas Nadine, j’ai cherché à la place le stand de Ecrire Magazine – pour qui j’ai collaboré pendant quelques années, ce qui n’a pas été sans incidence sur la publication de mon roman… -, et j’ai eu le plaisir d’y retrouver ce cher Victor (Bouadjio, le directeur), pas vu depuis trop longtemps ! Ce qui m’a permis d’avoir la réponse à un dernier mel de ma part resté en suspens : était-il intéressé par la publication dans le magazine de certaines des newsletters de ce site-ci susceptibles d’intéresser ses lecteurs, des apprentis auteurs pour la plupart ? Réponse positive ! Ce qui est une sympathique perspective pour moi et lesdites newsletters, qui serviront donc deux fois pour certaines, avec une diffusion papier à la clé ! Et comme un bonheur ne vient jamais seul, voilà que son assistante, avec qui j’entame une petite discussion, me demande si je n’aimerais pas prendre un stagiaire (!!) deux jours durant, son lycéen de fils (il s’intéresse aux langues) devant se frotter aux réalités du monde professionnel ! Troisième échange de cartes de visite – il faut toujours en avoir sur soi – et c’est ainsi que j’ai signé deux jours plus tard une convention de stage avec un charmant Maxime, ce qui m’a beaucoup amusée.

Enfin enfin, j’ai retrouvé ma chère Nadine qui allait dédicacer ses livres – que je recommande bien sûr – durant toute la durée de la Foire, et qui a eu la gentillesse de m’offrir un de ses poches (La Vieille qui voulait tuer le bon Dieu), un autre polar déjanté dont j’ai rendu compte sur ma page FB. Nadine étant une charmante personne et une excellente source d’informations et autres contacts littéraires – d’autant qu’à présent elle habite Paris -, je ne pouvais terminer  la soirée plus en beauté ! Un petit verre de rouge (de trop) à la main !

En conclusion

De retour chez moi épuisée, mais ravie !

Vous tiendrai bien sûr au courant des suites quelles qu’elles soient.

N’oubliez bien sûr pas que tout grand salon digne de ce nom est aussi l’occasion de dénicher un livre jamais vu ailleurs, de rencontrer ou d’écouter les auteurs que vous aimez, de vous images-1faire dédicacer leurs ouvrages, et d’assister à des conférences sur ce sujet qui vous passionne autant que moi : les livres !

Pour aller sur ma page FB voir les 2 « posts » mentionnés plus haut, cliquer sur le bouton tout en bas en bas de cette page.

Si vous avez le temps, allez donc faire un petit tour ici pour voir les nouvelles liseuses que Nathalie Materne, dont je recommande les services informatiques, a installées pour mes traductions (ainsi que sur la page d’accueil ! 🙂

Et n’hésitez pas à retourner vers la newsletter auteurs intitulée Trucs et astuces, qui a été augmentée (au début et à la fin) de quelques informations depuis la dernière fois…

A venir pour vous dans les prochaines semaines : encore une ou deux newsletters sur Donna Tartt et son Chardonneret (pour le blog traducteurs), et une sur les liseuses ainsi que des interviews (pour le blog auteurs).

On dirait que c’est reparti – puisque je n’ai pas de nouvelle traduction pour l’instant…

Au plaisir, donc, et n’oubliez pas vos questions et/ou commentaires ci-après si vous en avez !

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2 commentaires

  1. jean-paul sur 25 février 2014 à 8:43

    La plongée dans l’univers immense du livre, la navigation entre les pages, la joie des découvertes , le hasard des rencontres heureuses, utiles ou évanescentes, les retrouvailles, l’ambiance, l’effervescence et les bons conseils pour tirer le meilleur parti de ce qui peut aussi apparaître comme le parcours du combattant pour un auteur/traducteur en quête d’éditeur : passionnant tout cela. !

    • Edith sur 25 février 2014 à 9:08

      Oooooh, merci Jean-Paul de votre appréciation !

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