Trucs et astuces

UnknownAu fil des semaines, des mois, des ans, parfois tout récemment, j’ai glané divers « trucs et astuces » es édition que je suis ravie de partager aujourd’hui avec vous – qu’il s’agisse de nouvelles, poésie ou théâtre – en espérant de tout coeur qu’ils vous seront utiles. N’hésitez pas à me tenir au courant ! 

De nouvelles nouvelles

J’avais appris de l’écrivaine belge Nadine Monfils – à l’époque où elle enseignait l’écriture de la nouvelle dans une école d’écriture bruxelloise que je me seraisnadine-monfils-testud fait un plaisir de nommer si je n’en avais pas été virée pour insubordination (si si, une première dans ma vie !) – qu’un recueil de nouvelles se devait d’être unifié, dans sa thématique s’entend, en tout cas qu’il fallait un lien quel qu’il soit entre chaque histoire. Et c’est ainsi que toutes les nouvelles que j’avais rédigées jusque là de manière autonome sont restées dans un tiroir et n’ont jamais constitué de recueil…

Avant d’être auteur de polars à succès chez Belfond, Nadine s’était distinguée avec ses Contes pour petites filles criminelles, Contes pour petites filles libertines, Contes pour petites filles perverses et j’en passe, qui prouvent on ne peut mieux l’argument précédemment avancé.

En clair, il n’est plus question d’écrire une nouvelle par ci, une nouvelle par là, de les compiler ensuite et d’envoyer le tout à un éditeur, ça a très peu de chance de fonctionner. Peut-être d’ailleurs que ceci éclaire vos précédents échecs, qui sait ?

Ce qu’il vous faut faire, c’est démarrer votre écriture de nouvelles comme vous démarreriez un roman, par l’établissement d’un thème unificateur autour duquel chacune s’articulera, déclinant ainsi ce même thème à l’envi et de diverses manières d’une nouvelle à l’autre.

41J9TETDN5L._AA160_C’est ce que l’on retrouve chez JP Dubois (Vous aurez de mes nouvelles) ou Anna Gavalda (Je voudrais que quelqu’un m’attende quelque part). Un meilleur exemple encore est celui de l’écrivain belge Thomas Gunzig qui, dans son magnifique recueil intitulé Quelque chose dans le noir qu’on n’avait pas vu, a le génie de simplement faire apparaître d’une nouvelle à l’autre une héroïne récurrente répondant au doux prénom de Minitrip…

Et en poésie ?

Lors d’une soirée avec Caroline Coppé, une poétesse belge que je vous ai présentée ici dans une précédente newsletter et que je images-2vous encourage à découvrir séance tenante, par exemple , j’ai appris que ce principe de la thématique unifiante s’appliquait également à la poésie, un manque qui pouvait expliquer, entre autres exemples pris au hasard, pourquoi mon recueil de poésie n’avait jamais été accepté par un éditeur alors que ma poésie avait été acceptée en revues ici et là. Peut-être cela s’applique-t-il également à votre cas ?

Attention aussi, la prose poétique serait la nouvelle “marque de fabrique” de la poésie contemporaine, et les poèmes de facture classique (présentés en vers, donc, y compris libres) ne seraient plus du tout prisés ! Sur ces bons conseils, j’ai effectué un envoi reformaté et ne manquerai pas de vous tenir au courant !

A toute fin utile, suite à des couriers échangés, des lectures d’articles ou encore des conversations glanées ici et là, il semblerait que la plupart des éditeurs  de poésie fonctionnent aujourd’hui en circuit fermé avec leurs auteurs maison et n’acceptent plus guère de nouveaux venus…

Coup de théâtre !

Cette même Caroline Coppé, à qui je présentais un texte uniquement dialogué que je ne savais trop où caser, s’est alors exclamée : mais le théâtre contemporain se présente exactement comme cela maintenant, sans didascalies à la clé ! Et voilà que, tout comme M. Jourdain faisant de la prose sans le savoir, j’avais écrit un texte de théâtre sans trop m’en douter ! Du coup j’ai renvoyé le manuscrit en théâtre, où il ne peut pas avoir moins de succès que côté romans…

Tout est dans le titre…

1499568_1462332943993907_1522885022_nEnfin, une récente conversation téléphonique avec Brigitte André, coach bien-être et par ailleurs auteur, m’a fait comprendre l’importance du titre qui compterait pour  80 % dans l’attrait qu’un livre exercerait sur un éventuel acheteur, tous genres confondus ! Prenons de récents exemples comme L’Extraordinaire histoire du fakir qui était resté coincé dans une armoire Ikea, très long mais aguicheur, La Petite communiste qui ne souriait jamais, mystérieux à souhait, Le Vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire, prometteur : comme par hasard, tous les trois sont dans le top 10 du palmarès des meilleures ventes 2014…

La quatrième (le résumé à l’arrière de l’ouvrage) compterait pour 10 %, et le contenu… pour 10 % également ! Cela laisse rêveur…

En conclusion

En clair, chers lecteurs et abonnés, tout (càd nouvelles & poésie) se construit comme un roman – histoire de ne pasimages-1 désorienter ce pauvre lecteur -, il vous faut absolument avoir un fil directeur (ou fil rouge si vous préférez) avant de commencer, et décliner ensuite nouvelles ou poésies autour du thème central que vous vous serez fixé. Je crois effectivement que ce n’est même pas la peine de tenter autre chose.

Donc si l’envoi de vos précédents recueils nouvelles/poésies a échoué, éventuellement théâtre, posez-vous les bonnes questions et réorganisez vos envois en fonction de ce que je viens de vous signaler. Je crois que ça en vaut la peine. Puis vous nous direz…

Je ne prétends nullement avoir raison à tout prix, mais Nadine Monfils étant une grande professionnelle de la nouvelle et Caroline Coppé de la poésie, je pense que leurs conseils sont dignes de confiance…

Et une dernière chose : selon Stéphanie Hochet, une auteure rencontrée dans un petit salon du livre en Bourgogne il y a quelques années, il faudrait 5 ouvrages à son compteur pour commencer à s’assurer une visibilité… !

Et enfin, n’oubliez pas les conseils que l’on entend seriner à longueur de radios crochets (The Voice, Nouvelle Star etc.) : il est primordial d’avoir une signature vocale (dans votre cas, un style) et un univers afin de se distinguer du troupeau des apprentis chanteurs (et écrivains aussi). Ne perdez jamais ce principe, et cette dure loi, de vue !

A vous de jouer maintenant !

Et si tout échoue, revoyez vos titres !  😉

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2 commentaires

  1. Edith Soonckindt sur 3 février 2014 à 6:51

    Avec plaisir, Jean-Paul !

  2. jean-paul sur 3 février 2014 à 6:45

    Voilà des conseils bien judicieux qui ne manqueront pas de mettre sur la
    bonne voie celles et ceux qu’attire l’écriture en prose classique ou poétique.
    L’impact du titre dans l’acte d’achat est vraiment étonnant. Merci
    Édith !

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