Mes années belges

J e voudrais pouvoir en dire de belles choses hélas, à près de douze années de vie ici le charme (au moins celui de la nouveauté) s’est rompu, la lune de miel est terminée.

Bruxelles sur laquelle j’ai tant rêvé durant mes dernières années néerlandaises, Bruxelles qui fut une échappatoire heureuse durant mes premières années ici, Bruxelles c’est fini. Attention, j’y ai aimé des choses, des gens, mon quartier, mon appartement. Mais ce charme-là s’est rompu aussi. Au point que je n’y supporte plus rien, ni la tristesse de ses murs, ni la grisaille de son temps, ni la fadeur ambiante, ni cette belgitude morose, encore moins son écartèlement linguistique funeste et stérile.

J’étais venue pour 2 ans j’y suis restée 12, et je ne sais si c’est bien, ou pas.

C e qui est certain, par contre, c’est que je ne peux plus me raconter que la grisaille a « un certain charme », et oh toutes ces sortes de pluie, comme c’est intéressant, ni supporter un hiver qui dure jusqu’en mai, et une langue française en permanence massacrée. Mon quartier vire au quart monde, et puis j’y connais trop de gens, finalement. Alors gageons que d’ici 1, ou 2 ans, j’aurai trouvé la force, le courage, l’énergie de remballer livres et cartons pour filer plein sud vers la ville de mes nouveaux rêves : Marseille ! Avec toutes mes excuses aux Belges qui me liront pour un constat aussi négatif sur un pays pour lequel j’ai dû avoir de l’affection, sans doute, où j’ai dû être bien, sans doute (sinon je n’y serais pas restée si longtemps), mais où je me supporte tout juste à présent. Gageons qu’une mélancolie posthume viendra redorer dans mon esprit et d’ici quelques années, un blason pour l’instant bien terni et c’est sûrement aussi injuste que regrettable…

J e retrouve ces lignes cinq années plus tard et, oh étonnement, je suis encore ici après avoir essayé de fuir à Marseille, Nîmes, Aix ou Montpellier… Face à cet acharnement du destin j’ai fini par prendre mon mal en patience et trouver à nouveau à la Belgique tant de charmes – la vérité est tout bonnement que je ne suis pas faite pour rester où que ce soit aussi longtemps, mon nomadisme est plus fort que moi – que j’y suis à nouveau bien… Allez comprendre ! Surtout, j’ai profité de ces années supplémentaires pour tirer le meilleur parti possible des aléas météorologiques ambiants (…) en écrivant Les Sept Clés du Royaume des pluies, une drôle d’histoire belge à paraître un jour…

Ce qui est sûr en tout cas c’est que si je suis étonnée d’être encore là, je suis étonnée d’y être tout court ! Parfois quand je marche je me dis, tiens, je marche sur un trottoir de Bruxelles, et je n’y crois toujours pas ! Parce que longtemps Bruxelles a été la ville d’où je prenais des avions (charters) pour aller en Amérique, et que si l’on m’avait dit un jour que j’y vivrais je ne l’aurais jamais cru, jamais. Comme quoi…

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