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Lumière silencieuse

de Carlos Reygadas

 

Lumière Silencieuse (de Carlos Reygadas, réalisteur de l'intéressant Japon, vu au CCJF, tiens ;-)) m'a été recommandé par mon frère Thierry, fervent cinéphile, et je n'ai jamais eu le bonheur de le voir sur grand écran, ce que je déplore tant l'image, minimaliste, était superbe dans son épure, tout comme l'histoire d'ailleurs.

Ce film lent et poétique qui s'ouvre sur un long plan fixe peu commercial ne pouvait que plaire à l'athéiste baroque fascinée par la sobriété et l'ascétisme des Quackers, Unitariens ou Mennonites  que je suis.

Dans sa simplicité, son épure et sa force, Lumière silencieuse est un film aussi particulier que bouleversant.

Un excellent résumé en étant donné par cette internaute (Catherine Turque) sur Amazon, je me permets de m'éclipser et de vous laisser en sa compagnie tant je suis, moi, à court de mots pour parler d'un film aussi délicat et troublant, lent et poétique, réaliste et surnaturel à la fois...:

Lumière silencieuse est un film aux antipodes du cinéma commercial de divertissement, bien que Reygadas ne soit pas le seul cinéaste à utiliser de longs plans fixes à dimension poétique et métaphysique. Son thème est à la fois banal et en marge de la vie courante actuelle : il s'agit du déchirement d'un père de famille marié attiré par une autre femme et incapable de choisir, provoquant la souffrance muette de tous ses proches ; mais ce drame se situe dans une communauté religieuse mennonite du Mexique aux rites étranges, où la foi est essentielle et le sentiment de culpabilité oppressant.

Le film, tourné en dialecte, est hors du temps, et pourtant la tragédie est rigoureusement encadrée par un lever et un coucher du soleil cosmiques, deux séquences sublimes où l'on voit très lentement apparaître puis disparaître la lumière silencieuse. Car il s'agit bien d'une oeuvre silencieuse, sans musique et avec peu de mots, janséniste, qui invite le spectateur à contempler la lumière de la nature et du monde dans de très longs plans immobiles et interrogateurs, composés avec la rigueur de pures photographies esthétiques. L'oeuvre est difficile d'accès, à la fois fascinante et déconcertante, entre réalisme et surnaturel, avec des séquences absolument magnifiques (l'épouse sous la pluie) et de très beaux regards graves d'enfants. 

 

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