EXTRAIT

La Tombe de votre père est dans le ciel, une adaptation ?

C e nouveau texte, qui se voulait au départ une adaptation du texte d’origine, est en train de se muer en transformation du matériau originel, ce pour différentes raisons. L’histoire de Mme Kahn elle-même – exode, exil etc. – étant hélas tout ce qu’il y a de plus commun, si je puis oser, durant cette période, il m’a fallu chercher un angle narratif plus saillant, plus dramaturgique, donc plus porteur, pour cet ouvrage que je veux grand public.

C ‘est après beaucoup de réflexion, et des tas d’après-midis passées à ne pas écrire mais à réfléchir – ce qui fait partie du processus, oh combien –  que j’ai enfin compris que je devais plutôt me concentrer sur le vécu de son père durant cette période, père qui, après un séjour de 9 mois à Buchenwald , connaîtra 5 internements ensuite en France, dont un à Gurs et un autre très bref à Drancy, avant d’être déporté par le convoi 51 (matricule 902)  vers Majdanek, où il sera gazé…

Je croyais bêtement pouvoir suivre la structure première du récit, mais que nenni. Il m’a fallu encore de multiples après-midis pour comprendre que je devais absolument tout désosser (je n’ai pas de meilleur terme) et reconstruire un autre texte, une autre stucture, à côté de la précédente. C’est comme cela que j’ai visualisé l’entreprise en tout cas. Et que je m’y suis attelée depuis, très péniblement, car tout d’un coup ce n’est plus un récit extérieur que je développe, d’une vieille dame ayant survécu à la guerre tant bien que mal, mais le récit intérieur d’un homme à la tragique destinée. Et je puis vous assurer que la plongée dans le camp de Buchenwald fut pour le moins éprouvante !

D ‘autant que le problème supplémentaire qui se pose est celui  non seulement de l’angle d’attaque du récit, pour chaque chapitre, mais aussi et surtout du style. Le premier récit était journalistique, historique, le récit factuel d’une tranche de vie, destiné à La Revue du Rouergue. A présent je souhaite un récit moins factuel et plus littéraire et je dois donc m’imprégner des recherches factuelles que je dois effectuer sur tous ces camps, mais régurgiter l’information sous une forme transformée, transcendée par l’axe littéraire.

Exercice de haute voltige s’il en est, que j’ai failli abandonner à plusieurs reprises ces derniers mois. Ce qui me pousse à persévérer ? Le devoir de mémoire, certainement, le souci de donner à ce modeste récit une audience plus vaste que le seul Aveyron, et enfin celui de transmettre un récit à la fois documenté et littéraire, donc doublement fort, aux générations futures que j’aimerais convaincre de l’utilité de la vigilance antifasciste.

Je l’espère prêt à être envoyé aux éditeurs à la rentrée 2012. A suivre !

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